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Environnement : les chenilles processionnaires du pin

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LA CHENILLE PROCESSIONNAIRE DU PIN : désormais résidente permanente à Serre Ponçon

Indicateur du réchauffement climatique, la chenille processionnaire du pin est désormais installée dans les Hautes Alpes et autour du lac de Serre Ponçon ; son expansion est constante vers le Nord et en altitude. Elle ne représente pas pour autant une menace sanitaire, ni pour les végétaux, ni pour les animaux et les Hommes. Des actions visant à maitriser sa densité et à réduire localement les risques d’exposition peuvent être cependant engagées, pour atténuer les impacts sur le paysage et préserver le confort des habitants.

Après un pic important en 2016-2018, la population a depuis bien baissé, mais elle donne cet hiver des signes de reprise par le nombre de nids qui se développent sur les pins depuis quelques semaines.

DES INCIDENCES DOMMAGEABLES MAIS PAS DE RISQUE SANITAIRE 

C’est pendant sa croissance que la chenille se fera remarquer. En plus des traces bien visibles sur les pins, pouvant être entièrement défeuillés en fin d’hiver (ils s’en remettent heureusement plutôt bien), les chenilles, pour se protéger des prédateurs, libèrent en cas de danger des poils invisibles urticants pour les animaux et les Hommes. A ce jour, ces impacts restent très faibles (moins de 2% de réaction grave sur l’Homme), bien inférieurs aux piqûres de guêpes par exemple. Les plus vulnérables sont les animaux domestiques et les enfants (contacts avec les muqueuses, nécrosants).

La chenille sera préjudiciable en phase de procession uniquement, à partir de décembre jusqu’en avril (selon les conditions météorologiques) lorsqu’elle quitte le pin pour aller pondre dans le sol et mourir. On peut en effet rencontrer des processions sur les chemins et les routes, les jardins, jusqu’aux maisons. 

ACTIONS DE PREVENTION DE LA COMMUNAUTE DE COMMUNES DE SERRE PONCON SUR LES LIEUX LES PLUS TOUCHES

Par mesure de précaution et de confort pour l’habitant, les Communes puis la CCSP, depuis qu’elle en a pris la compétence en  2017, prennent des mesures pour limiter les impacts préjudiciables de ce lépidoptère sur les secteurs publics les plus fréquentés. La destruction des nids par échenillage (coupe des branches supportant les nids puis brûlage) ou le piégeage des processions au niveau des troncs des pins infestés (pose d’un sac avec goulotte circulaire) sont les moyens les plus efficaces pour éviter que l’environnement des habitations et des lieux publics soit infesté par les processions en fin d’hiver.

Une campagne d’échenillage aura lieu prochainement sur les terrains des communes les plus exposées (PUY SANIERES et EMBRUN). Les propriétaires de terrains privés sont responsables des pins situés dans leur jardin ; ils sont invités à réduire eux aussi les impacts des processions sur leur voisinage par la mise en place de pièges.

Biologie de la processionnaire : La chenille processionnaire est une espèce grégaire, qui vit en colonie de son éclosion à sa métamorphose. Elle donnera naissance à un papillon nocturne après une vie de 6 mois environ, ponctuée d’étapes bien caractéristiques :

- Eclosion sur l’aiguille d’un pin, le pin noir de préférence, entre juin et septembre.

- Construction d’un nid collectif dès les premiers froids, dans lequel elle s’abritera tout l’hiver, ne sortant que la nuit pour se nourrir

- A partir de décembre, selon les conditions climatiques, chaque colonie de chenille  quittera son nid et son hôte le pin, en procession (d’où son nom), pour aller s’enterrer dans le sol à peu de distance et pondre leurs œufs.

- Ceux-ci resteront enterrés de 1 jusqu’à 7 années avant de se métamorphoser en papillons.